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2020, l'année noire : Madagascar dans le top 10 des pays dépendants du tourisme


Le tourisme fait partie des secteurs qui appuient fortement l'économie à Madagascar. Il soutient le PIB du pays à environ 9% alors la Grande Île prévoit une croissance annuelle de 4,7% sur l'année pleine. Dans sa perspective économique, la Banque Mondiale a publié à la fin 2019 une estimation de croissance de 5,7% pour 2020. Mais ça, c'était avant la propagation du coronavirus à travers le monde, qui a mis à nu la dépendance de Madagascar au tourisme et aux services qui y sont liés.

2020 aurait dû être l'année de relance réelle du tourisme, du transport aérien et des services liés à ces secteurs à Madagascar. Cette relance est basée sur les chiffres de 2019 qui confirme l'embellie : 348.000 touristes ont foulé le sol malgache avec une hausse de plus de 20% par rapport à 2018. Le nouveau terminal de l'aéroport international d'Ivato allait être inauguré cette année et Madagascar devait accueillir le forum africain AviaDev ce mois de mai. Mais c'était sans compter sur le Covid-19 et le marasme actuel que cela entraîne : fermeture des frontières et des aéroports de l'Europe et de l'Asie, les plus grands pourvoyeurs de touristes pour la Grande Île. 

Cette dépendance à l'arrivée d'étrangers à Madagascar et aux investissements étrangers a eu raison de la volonté de l'Etat à soutenir l'économie et du secteur privé à innover dans leurs offres. La situation est malheureusement partagée avec tous les pays à vocation touristique. Forbes a publié un classement mondial des économies les plus dépendantes du tourisme. Ce classement se base sur le nombre d'emplois créés pour 100 touristes enregistrés. Dans le monde, un emploi sur cinq est lié au tourisme et le secteur a enregistré plus de 1,5 milliard de touristes en 2019 avec une perspective de hausse de 4% avant la propagation du coronavirus. 

Dans ce classement Forbes de 2020, le pays le plus exposé à cette dépendance au tourisme est le Bangladesh avec 944 emplois pour 100 touristes. Ce pays du sud de l'Asie est déjà économiquement fragile et la chute du tourisme de cette année va empirer sa situation. Madagascar est classé 6ème dans ce classement avec 93 emplois pour 100 touristes.

Forbes Top 10 des pays les plus dépendants au tourisme

1- Bangladesh : 944 emplois pour 100 touristes
2- Inde : 172 emplois pour 100 touristes
3- Pakistan : 154 emplois pour 100 touristes
4- Venezuela : 101 emplois pour 100 touristes
5- Ethiopie : 99 emplois pour 100 touristes
6- Madagascar : 93 emplois pour 100 touristes
7- Philippines : 83 emplois pour 100 touristes
8- Guinée : 77 emplois pour 100 touristes
9- Lybie : 68 emplois pour 100 touristes
10- Nigéria : 66 emplois pour 100 touristes

D'autres indications à prendre en compte dans le classement mondial : les Etats-Unis (66ème) comptent 8 emplois pour 100 touristes et la France (144ème) affiche en moyenne moins d'un emploi pour 100 touristes. 4 pays de l'Asie du Sud et 5 pays africains sont dans ce top 10.

Limites de résistance atteintes pour les entreprises du secteur du tourisme

Après 2 mois de restrictions à Madagascar (confinement, limitation des heures de travail, constat du nouveau mode de consommation allant vers l'essentiel), le tourisme malgache vit ses heures les plus sombres : les hôtels et les restaurants sont vides, les avions sont cloués au sol, tous les services annexes commencent à disparaître. Pire, des hôtels, des restaurants et des endroits de loisirs ont fini de racler dans leur économie et mettent en chômage technique leur personnel. Les 2 mois de charges sans recettes semblent être la limite des mieux lotis des établissements, financièrement s'entend. L'Etat a beau avoir pris des mesures d'accompagnement comme le report du paiement d'impôts et le report des échéances bancaires et financières, les chiffres parlent d'eux-mêmes et la réalité des conséquences économiques du Covid-19 commencent à frapper toutes les activités. Et le redressement va coûter très cher.

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1 commentaires:

  1. Faut arrêter de priver les commerces et restaurants qui reste de travaller avécu un si petit nombre de infectés de plus confinés. On se tire des balles dans le coeur gratuitement. Ouvrez les routes laissez les residents vivre et circuler de grace et viten très vite.merci

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