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Déclin du pétrole : une transition imposée par le coronavirus

Carte des tankers de pétrole bloqués en mer, pendant la crise pétrolière durant le confinement global

Le changement climatique, crise du coronavirus et récession économique. Les pressions se multiplient autour de l'industrie pétrolière : le recul significatif des résultats à court terme, et la stagnation du prix du baril à long terme. Les investisseurs en bourses ont également mis une pression supplémentaire pour que les majors accélèrent leur transition vers les ressources renouvelables. Et le changement a commencé à opérer, en pleine crise économique, pour Royal Dutch, Orsted et British Petroleum (BP).

Des dizaines de milliers de tankers bloqués au beau milieu des océans, sans destination fixe et chargé de pétrole à ras bord dont les commandes ont été annulées, des réservoirs pétroliers terrestres remplis sans espoir d'écoulement sur le marché, le cours du pétrole tombé en dessous du zéro à un moment. Le scénario durant le confinement global de la majorité des pays semble être derrière les compagnies pétrolières. Pour ces dernières, chaque annonce d'une région en déconfinement est une petite victoire. Mais la reprise économique ne se fera pas en moins de deux ans, ne serait-ce que pour retrouver l'équilibre après la récession mondiale annoncée en pleine crise sanitaire.

Dans la même foulée, ayant scruté le marché et établi leurs projections, les investisseurs sur les places boursières mondiales commencent à obliger les pétroliers à enclencher l'exploitation des ressources propres en annonçant le déclin inexorable du pétrole. Certaines sociétés d'investissement, placées dans les conseils d'administration des majors pétroliers, n'hésitent plus à faire pression sur les autres actionnaires dans ce sens. 

Aussi, Royal Dutch, un des majors, a publié un plan sur 10 ans pour basculer vers la production d'électricité. La société danoise Orsted, producteur d'énergie à partir de ressources fossiles, a également renforcé rapidement sa position de major des éoliennes.

La plus marquante est l'annonce de l'anglo-néerlandais British Petroleum (BP) : la réduction drastique de son portefeuille dans le pétrole avec une dépréciation d’actifs de 17,5 milliards de dollars et la réduction de 25% de ces investissements. Ce mouvement annonce, selon les spécialistes, une anticipation d'une valeur stagnante du baril de pétrole. Selon les analystes, le prix moyen, qui est à 42 dollars à la clôture du 19 juin, devrait osciller autour des 70 dollars pour qu'un groupe pétrolier soit rentable à moyen ou long terme, mais ne dépassera pas les 55 dollars entre 2020 et 2050.

BP a en outre annoncé le déménagement de son siège d'Amsterdam vers Londres, un des premiers effets du Brexit dans le secteur. Le groupe va supprimer 10.000 postes et s'est engagé à diviser par deux son émission de gaz à effet de serres liée à l'exploration et à la production.

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