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Afrique - gouvernance : performance en baisse selon l'indice IIAG


Selon un rapport de l’Ibrahim Index of African Governance (IIAG), après une progression au ralenti depuis 2015, les derniers chiffres de la gouvernance en Afrique tirent la sonnette d’alarme : le niveau a chuté en 2019, et ce pour la première fois depuis 2010.

Cette chute est d’autant plus alarmante attendu que la pandémie de COVID-19 risque d’aggraver cet état de fait. En effet, les données disponibles s’arrêtant  à 2019, l’état des lieux présenté par l’IIAG 2020 est  donc antérieur à l’arrivée de la pandémie.

Mo Ibrahim (photo), président de la fondation éponyme, a déclaré : "L’Afrique est à l’épreuve. Les fragilités de gouvernance mises en exergue par l’IIAG 2020 sont exacerbées par la COVID-19, qui menace les progrès réalisés dans les domaines économique et humain. L’insatisfaction et la méfiance des citoyens à l’égard de la gouvernance publique s’aggravent un peu partout. Les gouvernements peuvent saisir cette occasion unique de démontrer à la fois leur détermination à sauvegarder la démocratie et leur capacité à définir un nouveau modèle de croissance, plus résilient, plus équitable, plus durable, et plus autonome".

L’IIAG 2020 fournit l’évaluation la plus exhaustive à ce jour de l’état et des tendances de la gouvernance des 54 États africains, à travers quatre grandes dimensions : Sécurité et état de droit; Participation, droits et inclusion; Fondements des opportunités économiques;  Développement humain.

Trois de ces quatre dimensions sont la cause de ce recul inédit du niveau de gouvernance globale : Participation, droits et inclusion, Sécurité et état de droit et Développement humain.

Ainsi, sur les 54 états africains évalués,  huit pays réussissent  à progresser dans chacune des quatre catégories : Angola, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Madagascar, Seychelles, Soudan, Tchad et Togo.

Bien qu’en baisse de performance, des progrès sont tout de même à noter sur la dernière décennie. Ainsi, de bons résultats sont obtenus en matière de développement économique et humain. D’autre part, les résultats obtenus dans les catégories Fondements des opportunités économiques et Développement humain proviennent essentiellement des progrès réalisés dans les sous-catégories Infrastructures et Santé, ainsi que, l’ Environnement durable.

L’insécurité croissante, la dégradation de la situation au niveau des droits ainsi que celle des espaces civique et démocratique tempèrent ces performances. En effet, les deux catégories Participation, droits et inclusion ainsi que Sécurité et état de droit  enregistrent un recul sur l’ensemble de la décennie.

L’insatisfaction croissante des citoyens africains à l’égard de la gouvernance de leur pays incite à mettre en avant les clés d’une bonne performance : une progression équilibrée entre les différentes catégories, et l’impact prioritaire des indicateurs relatifs à l’état de droit, la justice, l’inclusion et l’égalité.

LMR

 

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