Politique

Trump, suite ou fin


A quelques heures de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, les journalistes Gilles Paris (Le Monde) et Jérôme Cartillier, correspondant d'AFP à la Maison Blanche, ont annoncé la sortie de leur livre "Amérique Années Trump" (Gallimard) et se sont livrés à un entretien chez France TV Info, dont voici quelques extraits.

Santé, et stress politique

Jérôme Cartillier : "Il va bien, il est en bonne santé, si on peut dire. On a peu d'informations de ses médecins parce que leur manière de communiquer sur l'état de santé du président de la première puissance mondiale était un peu folklorique. Comment va-t-il, d'un point de vue politique ? Il va mal...

... On sent qu'il y a une inquiétude chez lui, incontestablement. La meilleure preuve, c'est qu'il répète tout le temps sa grande référence : l'élection de 2016. Il a été candidat une fois à une élection et il a gagné. Il en a fait un peu l'alpha et l'oméga de sa campagne et de son approche de la politique. Il y a quelque chose d'un petit peu stérile. On sent que dès que ça va mal, il se recroqueville et dit : "mais il y avait 2016, mais il y avait 2016".

Prédiction

Gilles Paris : "L'écart est plus important que de coutume et surtout, il est stable. C'est-à-dire que quand on compare avec les élections de 2012, de 2016 et même de 2004, on a toujours vu des courbes se croiser à un moment ou un autre. Là, ce n'est pas du tout le cas".

Covid-19, l'accident 

Jérôme Cartillier : "Depuis la pandémie, Donald Trump a perdu beaucoup de terrain parce que c'est un président qui avait quand même eu pas mal de chance auparavant. Il est arrivé avec une économie en bonne santé, contrairement à Barack Obama huit ans plus tôt. Il n'a pas eu de crise militaire majeure non plus. Mais d'un coup, cette crise sanitaire de taille est arrivée et il était perdu. Il était désarmé. On a vu toutes ses lacunes éclater en pleine lumière".

Les démocrates, selon Trump

Jérôme Cartillier : "Il faut se rappeler d'abord que Donald Trump rêvait d'affronter Bernie Sanders, il le disait ouvertement. Bernie Sanders est plus marqué à gauche et ça lui allait mieux pour ce discours qui sert de repoussoir avec une partie de l'Amérique. En clair, "le danger du socialisme". Le mot qui fait peur. Il avait ce modèle en tête. Mais Bernie Sanders a perdu...

... Il a essayé de coller la même équation avec Joe Biden en transformant ça légèrement, en disant : "Joe Biden est un vieux monsieur inoffensif, une marionnette. Mais c'est la gauche radicale qui le manipule." Et le discours n'a pas vraiment accroché. Pour une raison simple, c'est que Joe Biden est vraiment un centriste au sein du parti démocrate. Donc, il s'est retrouvé un peu sans stratégie".

Gilles Paris : "D'ailleurs, il tenait à ce point à éviter Joe Biden qu'il a quand même pris le risque de cette procédure en destitution en se lançant dans cette affaire ukrainienne. En demandant à un pays étranger d'ouvrir des enquêtes contre son potentiel adversaire à l'élection présidentielle. S'il s'est lancé dans cette affaire ukrainienne, c'est qu'il considérait que c'était un adversaire plus coriace qu'on ne pouvait le penser. Pourquoi ? Parce que Joe Biden n'est absolument pas l'incarnation d'une élite dédaigneuse comme Hillary Clinton pouvait donner l'image en 2016".

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