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Afrique du Sud - Textile : l'industrie locale veut tourner le dos à la Chine

L'industrie textile sud-africaine, dont les plus importantes sont The Foschini Group Ltd (TFG) et Woolworths Holdings Ltd, augmentent leurs investissements dans la fabrication de vêtements locaux, à la fois pour réduire la dépendance aux importations chinoises et sécuriser une chaîne d'approvisionnement déstabilisée par les restrictions dues au Covid-19.

Plusieurs entreprises ont souscrit à un plan industriel qui comprend un objectif de s'approvisionner à 65% de leurs produits auprès de fabricants locaux au cours de la prochaine décennie. La progression vers cet objectif varie selon la chaîne d'approvisionnement de chaque société, mais la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques ont accéléré cette tendance collective.

L'année 2020 a apporté "tout un lot de perturbations dans la chaîne d'approvisionnement et tout le monde se rassure et se dit : voulons-nous vraiment être à jamais dépendants de la Chine ? Je pense que notre capacité a beaucoup diminué et que le commerce sud-africain cherche de plus en plus à se fournir localement., a déclaré Anthony Thunström, Pdg de TFG.

Cette initiative intervient alors que le président sud-africain Cyril Ramaphosa cherche à relancer une industrie manufacturière qui s'est détériorée depuis la levée des sanctions de l'apartheid il y a deux décennies. Ce qui a permis aux entreprises de rechercher des alternatives moins chères auprès de fournisseurs étrangers. Le rétablissement du secteur contribuerait à atteindre l’objectif de création d’emplois, à la réduction d’un taux de chômage qui a atteint un sommet en 17 ans.

"Alors que l'Afrique du Sud s'est ouverte au commerce extérieur à la fin des années 1990, la Chine est arrivée et a décimé le marché mondial avec le prix bas comme seul argument déterminant. Mais le monde a radicalement changé et il y a maintenant bien plus de paramètres que le coût : durabilité, empreinte carbone, défis de la logistique. Tous ces facteurs vont nous obliger à repenser à toutes la chaîne", a déclaré Lawrence Pillay, responsable des achats chez Woolworths.

Pourtant, ouvrir de nouvelles usines pendant une pandémie ne sera pas facile. Le déclin de l’industrie a conduit à une pénurie de compétences, de formation et de matières premières. Ce qui signifie qu’un investissement important sera nécessaire pour éventuellement réduire les délais de livraison et réduire les coûts de transport, à un moment où la confiance des consommateurs est faible, ce qui met l'industrie textile dans le doute.

"Il y a certains produits, comme les vestes d'hiver lourdes, dont nous n'avons tout simplement pas les matériaux et les compétences pour produire en Afrique du Sud", a révélé Anthony Thunström.

L’Afrique du Sud n’arrivera pas à relancer pleinement le secteur car l'industrie locale "ne peut pas remplacer toutes les gammes de produits", a ajouté Lulama Qongqo, analyste chez Mergence Investment Managers au Cap. TFG, qui achète environ 22% de ses vêtements localement, a embauché cette année 550 travailleurs de plus dans deux usines sud-africaines et voit le potentiel d'en ajouter plusieurs milliers de plus.

Alors que l'Afrique du Sud s'efforce de relancer son industrie de la confection, des pays voisins comme Maurice et Madagascar renforcent également leurs capacités dans l'exportation. 

"Les mesures prises par ces pays insulaires sont de bons exemples dans la manière de rendre le secteur autonome. Si nous voulons que l'industrie textile locale achète 65% des produits en Afrique du Sud, nous devons examiner un large éventail de catégories de produits et la chaîne d'approvisionnement. En 28 ans, je n’ai jamais vu une meilleure coopération entre les commerçants, le gouvernement, les travailleurs et les fabricants. Mais dans 10 ans, nous pouvons réinventer l’industrie", a conclu Lawrence Pillay.

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