Afrique

Afrique - Gaz : Quand le Royaume-Uni fait trembler les lobbyistes

Les autorités du Royaume-Uni ont annoncé dernièrement leur intention de ne plus financer tout nouveau projet pétrolier, gazier et de charbon. Une annonce cadrant avec la célébration du cinquième anniversaire de l'Accord de Paris et qui provoque l’inquiétude des groupes de lobbying chargés de booster les investissements énergétiques en Afrique.

« Bien qu’il s’agisse d’un revers, nous devons continuer à être inébranlables dans notre engagement à défendre le secteur énergétique africain et ses travailleurs, à lutter contre la pauvreté énergétique et à promouvoir les valeurs de marché libre qui rendront notre continent attrayant pour les investisseurs », a répliqué la Chambre Africaine de l’Energie (CAE) suite à l’annonce du Royaume-Uni.

La décision du gouvernement de Boris Johnson plonge notamment dans l’embarras  l’UK Export Finance (UKEF) qui a déjà formalisé son projet d’appui financier en faveur du projet de terminal d’exportation de Mozambique LNG de 12,88 mtpa de Total à Cago Delgado. Pour la CAE, cette prise de position résulte d’une « campagne énergétique anti-africaine agressive financée par l'étranger » qui risque de  saper le potentiel de faire du Mozambique une « oasis de monétisation du gaz » et de répondre à la demande croissante d'énergie.

Plusieurs pays africains qui misent sur le secteur gazier pour s’assurer un relais de croissance ne cachent pas leurs craintes face à ce que certains analystes qualifient de prise de position qui pourrait changer la donne. Le Mozambique, par l’intermédiaire des groupes d’influence intervenant pour sa cause, déplore une décision prise « sous la pression de groupes extrémistes non informés au nom du changement climatique ».

Des entreprises déjà fortement engagées dans le développement de projets gaziers en Afrique de l’Est n’hésitent pas à pointer du doigt Greenpeace et les Amis de la Terre comme étant les chefs de file de la « campagne contre le développement énergétique de l’Afrique ». Pour ces entreprises, les grands pays occidentaux doivent favoriser les investissements en Afrique plutôt que de se concentrer sur une aide étrangère dont le continent « n’a pas besoin ».

Mais pour éviter d’être taxés de climato-sceptiques, les lobbyistes soutiennent  qu’il faut continuer à trouver des solutions au défi mondial du changement climatique et, en même temps, contribuer activement à la diversification de l’économie africaine. Et d’appeler les sociétés pétrolières et gazières opérant en Afrique à mieux communiquer leurs efforts pour réduire les émissions de carbone, la pauvreté énergétique, créer des opportunités pour les entreprises locales, sortir les gens de la pauvreté...

About Alefa Press

0 commentaires:

Publier un commentaire

Fourni par Blogger.