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L'OPEP+ manœuvre pour la hausse du pétrole à 75 $

Les prix du brut sont montés en flèche au lendemain de la réunion de l’Opep+, se hissant à plus de 68 dollars.

La décision “surprise” de l'Opep+ de maintenir ses restrictions d'approvisionnement en pétrole jusqu'en avril, combinée à la détermination de l'Arabie saoudite à perpétuer les coupes volontaires de sa production, a stupéfié le marché mondial de l'énergie.

Les cours du brut sont montés en flèche, jeudi et vendredi, au lendemain de la réunion, se hissant à plus de 68 dollars le baril de Brent. Hier, vers 12h, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a grimpé à 68,11 dollars, en hausse de 2,05% après avoir gagné 5% la veille, jeudi, peu après la décision de l’Opep+. 

La référence américaine, le WTI (West Texas Intermediate) a, elle, gagné 1,85% le matin, se hissant à 65,01 dollars le baril. Jeudi, le WTI a dépassé 65 dollars le baril après la décision de l’Opep+ de garder inchangés ses volumes de production. 

La décision de l’Opep+ a déclenché une vague de nouvelles projections, désormais optimistes, des grandes banques sur l’évolution des prix du brut durant les trois prochains trimestres de l’année. La banque américaine d’investissement Goldman Sachs anticipe un Brent à 80 dollars le baril au troisième trimestre de l’année.

La banque a relevé ses prévisions pour le Brent de 5 dollars au second trimestre, anticipant ainsi un baril à 75 dollars. Le Brent devrait grimper davantage de 5 dollars entre juillet et septembre 2020, à 80 dollars, à en croire les analystes de Goldman Sachs.

“Bien que les membres aient discuté des risques liés à la demande mondiale en période de choc pandémique, notre conclusion est que la discipline des producteurs de schiste est probablement à l'origine de cette augmentation plus lente de la production”, estime la banque américaine dans une note.

Les perspectives de production de l'Opep+ pour les six prochains mois ont été réduites de 900 000 barils par jour. 

Commentant, à son tour, la décision de l’Opep+ de garder inchangés ses plafonds de production, JPMorgan a estimé qu’il s’agit, dans l’ensemble, “du résultat le plus optimiste auquel nous aurions pu nous attendre”, non sans mettre en garde contre le risque d’un déficit de l’offre estimé à 1,8 million de barils au cours des trois prochains mois. JPMorgan a relevé ses prévisions pour le Brent de 2 à 3 dollars le baril durant les prochains mois.

La banque s’attend, en revanche, à ce que la reprise de la production américaine de pétrole de schiste soit modérée. Citigroup s’attend, néanmoins, à ce que la hausse des prix du pétrole provoque des tensions au sein de l'Opep+. “Certains membres voudront pomper davantage pour soulager leurs économies sous pression”, estime Citigroup dans un rapport. 

“Les principaux importateurs, y compris les géants asiatiques, la Chine et l'Inde, ne seraient pas non plus satisfaits, et l'alliance est susceptible de changer de cap lors de la prochaine réunion”, prévoit Citi qui table sur un prix du baril à 70 dollars avant la fin de ce mois.

L’approche prudente adoptée par l’Opep+ lors de sa réunion de jeudi fait dire aux analystes d’UBS, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, que les stocks de pétrole devraient baisser rapidement en avril ; la demande devant se redresser davantage au deuxième trimestre grâce à l’accélération des campagnes de vaccination contre la Covid-19, alors que l’offre hors Opep+ devrait rester modérée.

La banque suisse table sur un Brent à 75 dollars le baril et un WTI à 72 dollars le baril au second semestre de l’année.

La montée de pétrole à ces niveaux devrait mettre la cohésion du groupe Opep+ à rude épreuve, étant donné que les membres à faible production, et dont les économies sont les plus fragiles face aux chocs pétroliers, voudront tirer profit de la hausse des prix.

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