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Prince William : la Super League risque de démolir "le jeu qu'on aime"

Le prince William a déclaré officiellement qu'il partage "les inquiétudes des supporters" sur le projet de la Super League européenne de football. Le duc de Cambridge, qui est président de la Football Association (FA), a martelé que ce projet risque de "nuire au jeu que nous aimons".

Le prince William, qui est un fan d'Aston Villa, a endossé le rôle à la FA depuis 2006, sur les traces de son défunt grand-père, le prince Philip, qui l'a occupé entre 1955 et 1957. Autant dire qu'il est le gardien de la tradition du football sur les terres de la création de ce sport populaire qui a gagné le monde entier.

"Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons protéger l'ensemble de la communauté du football, du plus haut niveau à la base, et les valeurs de compétition et d'équité en son sein. Je partage les inquiétudes des fans concernant la Super League proposée et les dommages qu'elle risque de causer au jeu que nous aimons", a officiellement déclaré le prince William.

Ce projet, l'un des plus controversés de l'histoire du foot, a en effet été relayé à travers les médias depuis le 19 avril 2021 et a apporté une onde de choc sans précédent dans le milieu de ce sport, les fédérations, les politiciens, et dans les clubs et les médias qui y voient une menace pour leurs droits acquis dans les retransmissions.

La Super League est un projet sans complexe qui marie l'argent et le foot sans aucun complexe selon ses promoteurs. Sur le site officiel du projet, on peut lire ceci : "L'unanimité de vues est rarement le cas lorsqu'un changement fondamental est impliqué. Nous nous félicitons de ce débat, car le sport est une question de passion et les divergences d’opinions sont essentielles pour être fan. Mais en fin de compte, nous sommes convaincus que lorsque les supporters seront de nouveau accueillis dans les stades et que les premiers matches de la Super League seront disputés, les supporters pourront profiter de la plus grande compétition de football de club qui ait jamais existé".

L'annonce est ainsi claire. Les promoteurs de la Super League veulent secouer la tradition et veut ramener ce sport vers une "américanisation" de la manière de gérer les championnats, les clubs et les stades. Ces promoteurs ont déclaré que la baisse des revenus de la télévision et des médias a créé le besoin d'une division séparée qui implique exclusivement les équipes les plus riches de la planète.

"La valeur des droits médiatiques en direct stagne, ou diminue, car certaines de nos compétitions ne parviennent pas à répondre aux besoins des fans et les nouvelles générations recherchent depuis 10 ans un divertissement sous une forme qui n'a jamais existé. Les faiblesses des fondements du football sont connues depuis de nombreuses années, mais la crise du Covid-19 a simplement révélé leur gravité et aucune des parties prenantes de ce sport n’a trouvé de solution. L'inaction n'est plus une option".

Fiorentino Perez, président de la Super League et du Real de Madrid

Le milliardaire espagnol Fiorentino Perez, qui préside la Super League et le Real de Madrid, défend sa position sur le sujet : "Nous faisons cela pour sauver le football, qui est à un moment critique. Les grands clubs d'Angleterre, d'Italie et d'Espagne doivent trouver une solution à une très mauvaise situation que traverse le football. Le seul moyen de gagner de l'argent grâce aux admissions de nouveaux clubs est en créant des jeux plus compétitifs qui sont plus attrayants, que les fans du monde entier peuvent voir".

L'AC Milan, Arsenal, l'Atletico Madrid, Chelsea, Barcelone, l'Inter Milan, la Juventus, Liverpool, Manchester City, Manchester United, le Real Madrid et Tottenham Hotspur ont tous rejoint la Super League en tant que clubs fondateurs, s'assurant de vastes récompenses financières pour eux-mêmes à un moment où les recettes ont stagné depuis les restrictions relatives au coronavirus.

Mais ils ont été critiqués par des supporters, d'anciens footballeurs et des politiciens, dont beaucoup les ont qualifiés de cupides et ont averti que la nouvelle compétition nuirait au jeu. La FIFA et l'UEFA, dans un communiqué conjoint, ont fortement critiqué ce projet et n'exclut pas des actions en justice.

Ceci risque de créer une autre crise du foot, au moment où les rencontres se jouent à huis clos à cause de la pandémie. Car on sait que Fiorentino Perez s'est armé bien avant ce tollé planétaire avec des associés puissant, notamment financièrement : la banque JP Morgan qui s'est déclaré comme premier appui financier de la Super League, secondée par le fonds souverain d'Arabie Saoudite. La Super League s'est dotée d'un coussin financier de 3,5 milliards d'euros, dès sa création. Ses promoteurs ont annoncé la couleur : c'est du business avant tout.

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