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Janez Janša, l'ultraconservateur anti-européen, à la tête de l'Union européenne

La présidence tournante de l'Union européenne sera assurée par la Slovénie à partir d'aujourd'hui. Janez Janša, le premier ministre slovène, ultraconservateur et connu comme un anti-européen, prend la tête de l'UE à la place de son homologue portugais Antonio Costa. Si cette institution a prévu dans ces textes ce changement mécanique institutionnel, les rédacteurs de ces textes à l'époque ne s'attendaient point à se retrouver piégés par la tournure politique vécue par chaque Etat membre de l'UE.

La Slovénie de 1991, née dans la douleur après l'éclatement de la Yougoslavie, était en effet une forme de promesse de paix, d'identité et de prospérité à venir pour une UE découvrant ce nouvel Etat membre plein de vigueur économique. La politique mesurée du premier Premier ministre slovène, Janez Drnovšek, a apporté ses fruits et sa pertinence a sorti ce nouveau pays de la pauvreté, devenu un modèle et un symbole de croissance pour lequel l'UE a déroulé un tapis rouge lors de demande d'adhésion. La Slovénie des années 2000 était en effet un champion de la croissance économique dans l'union.

30 ans après 1991, les choses ont pris une toute autre tournure. La Slovénie a élu Janez Janša comme Premier ministre. L'arrivée de cet ultraconservateur aux manettes sonne le glas dans l'UE, l'homme étant un anti-européen convaincu, comme son homologue hongrois Viktor Orban. Détesté par les médias locaux et par les patrons de l'Europe, Janez Janša est celui qui a déclaré ouvertement que les journalistes de son pays sont "prostituées à la retraite" et l'agence de presse de la Slovénie "une honte nationale". Fan de Twitter, comme Donald Trump, il s'en prend en permanence aux universitaires, aux juges et aux manifestations politiques qui dénoncent son autoritarisme. Pire, la Slovénie a connu le premier recul de sa croissance de 2,4% en 2019, après un record de croissance à 4,6% en 2018. Cette situation a réveillé les bureaucrates de l'Europe qui ont rappelé le Premier ministre à l'ordre sur sa manière de gérer le budget slovène.

Mais Janez Janša n'est pas un homme qui se laisse taper sur les doigts. En envoyant une centaine de Tweet par jour, il se cabre face aux attaques et lance des phrases assassines aux hommes de l'UE qui ont osé critiquer les lois de son ami Viktor Orban, entamant la liberté et la démocratie en Hongrie, et des positions radicales de son autre allié, le Premier ministre de la Pologne Moraviecki. Ces trois hommes n'ont pas hésité à créer un clash au dernier Sommet de l'Europe, et voilà que Janez Janša, le plus virulent, arrive à la tête de l'UE.

Dans l'embarras, l'UE assiste, impuissante, à l'accession du mauvais élève au rang de maître. Les observateurs politiques prévoient les premières fissures de l'institution dès les prochains mois car la bande à Janez Janša n'a pas l'habitude de s'y aller par quatre chemins. 


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