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Tourisme : la Tanzanie veut dépasser 1,5 millions de touristes et 850.000 emplois dédiés

En Tanzanie, le développement des ressources humaines dans le tourisme poursuit son chemin, conforme à l'orientation politique du gouvernement, malgré la crise sanitaire de 2020.

Après l'indépendance en 1961, le gouvernement n'avait pas accordé beaucoup d'importance au tourisme en tant que source de revenus qui aurait pu aider à soutenir les finances publiques, à créer des emplois et à réduire la pauvreté.

Mais depuis 1995, les choses ont évolué et le tourisme tanzanien a connu un essor considérable par rapport à ses voisins à vocation touristique, comme le Kenya et l'Afrique du Sud. Le nombre de touristes entrant en Tanzanie est passé de 295.000 en 1995 à 1,527 million en 2019 (données de la Banque Mondiale), avant la crise sanitaire de 2020, année zéro pour le tourisme mondial. 

En conséquence, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée s'est fait sentir pendant cette période et reste un problème majeur qui pèse sur le secteur.

Le rapport dénommé "Demand and Supply of Skills in the Tourism and Hospitality Sector in Tanzania" a démontré que 28% des travailleurs occupant des postes de direction dans l'industrie du tourisme et de l'hôtellerie sont des étrangers, contre 4% au niveau de la supervision.

"Le nombre d'employés étrangers équivaut à 28% de l'effectif total au niveau de la direction et 4 % au niveau de l'encadrement, ce qui indique un manque de compétences et d'expérience nécessaires pour que le personnel local se voit confier des postes élevés dans les établissements", peut-on lire dans ce rapport réalisé par le professeur Wineaster Anderson de l'Université de Dar es Salaam.

"Le tourisme est à forte intensité de main-d'œuvre et emploie un nombre important de femmes et de jeunes. Le potentiel du tourisme pour créer des emplois de masse et mettre fin à la pauvreté est illimité", a déclaré Wineaster Anderson.

En 2014, environ 1,2 million de personnes étaient employées dans le secteur du tourisme, dont 500.000 directement, selon le rapport du budget 2015-2016 du ministère tanzanien des Ressources naturelles et du Tourisme. En 2019, le nombre d'emplois directs a atteint 850.000, selon un rapport de la Banque mondiale intitulé "Transformer le tourisme : vers un secteur durable, résilient et inclusif " publié en juillet 2021.

Actuellement, la Tanzanie veut renouer à cette performance, mais le pays est conscient que le manque de formations pour l'industrie du tourisme et de l'hôtellerie devrait être comblé afin de rivaliser ave ses voisins.

Nombre de touristes entrant en Tanzanie 1995-2019 - Banque Mondiale

Manque de formations

Il convient de noter que les institutions de formation en Tanzanie n'ont offert aucun programme de supervision ou de gestion dédié au tourisme. Ceci explique le choix d'un certain nombre d'opérateurs de l'industrie touristique d'employer des étrangers pour des postes de direction.

Les établissements d'enseignement supérieur ont commencé à proposer des diplômes dans des formations liées au tourisme en 2000.

L'Université de Tumaini a introduit un programme menant à un diplôme en anthropologie culturelle et en tourisme. L'école de commerce de l'Université de Dar es Salaam (UDSM) a initié des cours offrant une licence sur le commerce dans la gestion du tourisme et de l'hôtellerie en 2008. Plus tard, la Faculté de géographie de l'UDSM a également commencé un cours de diplôme en tourisme culturel.

À ce jour, Florian George Mtey, directeur des études et des activités professionnelles au National College of Tourism (NCT). é déclaré que "le NCT propose un cursus en gestion hôtelière, menant à un diplôme pour combler le vide".

En Tanzanie, la formation aux compétences touristiques est supervisée par trois autorités ; la Commission tanzanienne des universités (TCU), qui est chargée de coordonner et de réglementer l'enseignement universitaire ; la Vocational Education Training Authority (VETA), qui est responsable de la coordination, de la réglementation, du financement, de la fourniture et de la promotion de l'enseignement professionnel ; le Conseil national de l'enseignement technique (Nacte), qui est chargé de coordonner, de réglementer et d'accréditer les établissements techniques.

Les statistiques indiquent qu'il existe 116 établissements enregistrés offrant une formation en tourisme et en hôtellerie en Tanzanie, du certificat à la maîtrise, avec une capacité d'inscription de 12.670 étudiants par an, répartis comme suit : 11% en universités, 29% en collèges techniques et 60% en  établissements de formation professionnelle.

Il est également important de noter que 75 % des établissements de formation touristique de niveau inférieur du pays appartiennent à des intérêts privés.

"Malheureusement, la plupart d'entre eux sont mal équipés à la fois en termes d'installations de formation, d'accords de formation avec l'industrie, de programmes et de main-d'œuvre qualifiée, échouant ainsi à produire les compétences dont l'industrie a grandement besoin", regrette Wineaster Anderson dans son document de recherche intitulé "Demande et offre de compétences dans le secteur du tourisme et de l'hôtellerie en Tanzanie ".

Le secrétaire adjoint du ministère des Ressources naturelles et du Tourisme, Allan Kijazi, admet que "la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans l'industrie de l'hôtellerie et du tourisme est toujours un gros problème, mais affirme que des efforts sont déployés et que de nombreux progrès ont été réalisés pour résoudre le problème. La création du Collège national du tourisme avec ses campus à Arusha et Mwanza fait partie des efforts. Nous travaillons sur des accords pour accroître la coopération avec des institutions étrangères, en Italie et en Suisse, sur le développement des compétences touristiques".

Wineaster Anderson, qui a mené des recherches approfondies sur le développement des compétences dans le secteur du tourisme et de l'hôtellerie, affirme que "les efforts visant à améliorer la formation dans l'industrie devraient aller de pair avec l'augmentation des salaires. L'enquête auprès des employeurs montre globalement que le secteur du tourisme et de l'hôtellerie se caractérise par des salaires bas. Cela peut décourager les gens à se former dans le tourisme et l'hôtellerie ou de travailler dans le secteur".

Historique post-coloniale

L'histoire de la formation au tourisme en Tanzanie remonte aux années 1960, lorsque la société britannique Hallmark Hotels Ltd a lancé un centre de formation hôtelière, la Tanzania Hotel School, pour fournir des compétences de base dans les opérations de front office, l'entretien ménager et la blanchisserie, la production alimentaire et les techniques d'alimentation et de boissons.

En 1969, le centre de formation a été nationalisé et renommé Hotel & Tourism Training Institute (HTTI) et remis à la Tanzania Tourist Corporation (TTC). En 1977, l'institut a été transféré au ministère des Ressources naturelles et du Tourisme. En 2003, l'établissement a été rebaptisé National College of Tourism (NCT).

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